Quoi qu’on en dise le phénomène de groupe est la cause essentiel du trolling de masse. Si Freud lui même a consacré des études entières, c’est aux psychanalystes britanniques à qui l’ont doit des textes complets autour de l’appartenance d’un individu à un groupe et qui ont révélé un aspect de la société actuelle.
L’appartenance à un groupe:
La société veut nous classer, nous faire rentrer dans les rangs et éviter toute forme de marginalisation, c’est une des raisons qui fait que nous rejoignons un groupe avec une idéologie, une manière de penser qui orientera nos décisions. Lorsqu’on rentre dans une des cases, La perception de notre expression personnelle va être déformé au profit de ce que pense le groupe. Sans que vous le sachiez, votre pensée se vera diluer pour être en adéquation avec celle des membres. C’est un phénomène assez paradoxale lorsqu’on y pense car un membre du groupe va bien souvent parler pour essayer de convaincre les autres de sa propre initiative tout en parlant au nom du groupe pour respecter des codes, une étiquette allouée… Les exemples ne manquent pas d’ailleurs en politique pour prouver ce paradoxe qui donne l’impression qu’une personne s’exprime sans les convictions du groupe.
Les facteurs fondamentaux qui expliquent ce paradoxe:
- L’aspect difficile à faire accepter à un groupe des différences de point de vue
- Voir comme une menace celui qui a un point de vue qui diverge de l’opinion collective
Les groupes auront donc leurs propres lois, codes qui ne devront pas être enfreints sans quoi votre parole et votre appartenance à ce groupe pourra être remis en cause.
Trolls et légendes:
Détrompez-vous ! l’origine du troll ne vient pas des monstres que vous pouvez trouver dans la mythologie mais du terme trolling raccourci en troll et qui en français signifie:
pêcher à la cuillère
Les internautes ont vite adopté le nom de troll pour parler des personnes qui au fil des discussions déchargent leurs haines sur le web. A vrai dire c’est plutôt logique, un troll n’est pas tout ce qu’il y a de discret et de délicat. Les Trolls de la série des Dungeons&Dragons le montrent très bien avec des personnages aux traits plutôt lourds, une silhouette sauvage et une façon de parler anti-sociale.Il est important de constater par ailleurs que sur le web, le principal objectif d’un troll sera d’imposer quoi qu’il en coûte ses idées et ainsi ressentir la fierté d’être quelqu’un d’écouter ce qui rentre en contradiction avec l’aspect anti-sociale de la bête.
Le trolling de masse:
Bien plus qu’un phénomène, le trolling fait maintenant partie intégrante de notre société et les personnes qui auront l’audace de croire que la différence est quelque chose de sain se fourvoit. A cause de ce fardeau, ils se verront attribués une étiquette: celle de la victime. Sur le web, ce phénomène est en pleine effervescence due principalement à nos outils de communication et à la rapidité que s’échange les informations. Vous avez tous plus ou moins deja assisté à un lynchage public soit en tant que victime, soit en tant que « lyncheur ». A vrai dire la société actuelle l’encourage donc on peut difficilement passer à côté à moins d’avoir une présence très partielle sur le web
Quand le « je » deviens « nous »
Cette appartenance à un groupe couplée à la rapidité de l’échange d’information est un danger. Un carrefour que l’on prend pour suivre la vague, se rallier à une cause et ainsi ne pas prendre le risque de choquer une communauté. En définitif nous sommes influencé non pas par une personne mais un groupe. C’est pour cela que le « je » n’a vraiment plus de valeur et que nous l’ employons par simple respect des codes mais qu’il faudrait parler de « nous ». Dans certains textes philosophiques qui porte sur ce sujet, on retrouve d’ailleurs un texte de Vimalakîrti qui explique cette non-disctinction entre le « je » et le « nous ».
Quelques extraits du livre:
- Tant que les êtres sont malades, moi aussi je serai malade.
- L’idée du mien ne se produit pas.
Un Troll qui a des amis:
Si l’on revient encore une fois à l’histoire de ce nom sur le web, le troll a été assimilé à une personne étant totalement à côté de ses pompes et qui paraîtra totalement stupide aux yeux de la communuauté. C’est probablement l’avenement des réseaux sociaux qui a conduit le trolling a devenir une véritable activité collective.
Interview de Thibaut Parent, enfant du digital de l’agence Tipi:
As-tu déjà subi l’attaque d’un troll ou de plusieurs ?
Sur mes sites professionnels, nous n’avons pas encore eu ce genre de bestiole poilue. Par contre, sur mon blog orienté webmarketing, web social et geek, plusieurs trolls sont apparus. Le plus mémorable s’est passé à l’occasion d’un billet clash. J’expliquais en quoi le community manager des temps modernes peut être un escroc – avec une personne ciblée plus particulièrement – et toute sa petite communauté m’a répliqué, non sur le fond, mais sur la forme : je faisais de la concurrence déloyale. J’ai eu un autre troll sur un article à propos d’AdBlock Plus et de Deezer, le plugin permettant de faire sauter la limite de temps et là, le troll était unique mais tellement réaliste : j’allais entrainer la faillite de Deezer par mon article sensationnel ! Après quelques mois et ces deux publications, le community manageuse travaille encore et Deezer n’a pas fermé malgré le fait que Wikipédia me cite sur son article à propos de Deezer. Ouf !
As-tu déjà toi même trollé ? bon ça je connais déjà la réponse hein :p mais j’attends un petit développement
Le troll, c’est partir sur un sujet délicat, sensible mais, en même temps, tellement connu : Apple VS Samsung, Linux et Windows, Mac contre PC, BH et WH, SEO et SMO (dédicace à Kawasaki). On peut s’en servir pour noyer le poisson quand on est en panne d’inspiration, pour changer de sujet et se sortir d’un mauvais pas ou, aussi et souvent même, pour avoir un petit commentaire sur un blog DoFollow par exemple.
Je ne suis pas troll par nature mais j’en connais qui sont dans l’optique only troll et ils font peur, même quand ils n’ont pas de poils !
Explique nous ce que tu as ressenti si tu t’es déjà fait troller ? ainsi que la sensation que tu as eu lorsque c’est toi qui a trollé ?
Troller, c’est assez marrant parce que tu sais déjà que tu dis une connerie et que tu n’apportes aucun élément à la discussion mais c’est facile et tellement inutile que cela en devient amusant.
Par contre, quand tu prends un troll, il ne faut pas perdre son sang froid et, surtout, ne pas partir dans le sens du poilu sinon, c’est le méga troll assuré !
Tu gères l’agence Tipi avec une partie orientée Social Media, que conseillerais tu as une entreprise qui est victime de ces trolls ?
Le troll peut venir de plusieurs horizons. On peut voir le troll systématique qui viendra argumenter contre vents et marées si on parle d’un sujet qui lui tient à cœur, le troll amical qui amorce le hors-sujet sans vraiment vouloir faire de mal, le troll rageux qui vous connait et veut vous faire plonger dans le bouillon, le troll qui ne comprend rien et ne veut rien comprendre (Internet permet facilement le monologue)…
Dans tous les cas, le rédacteur ou le community manager doit garder son calme et analyser l’origine du troll : une tournure de phrase trop litigieuse, un sujet pointu, du polémique ou juste un/plusieurs internautes qui dévient. Si le troll est issu de la publication, un petit erratum sera salutaire pour éviter les hors sujets. Si c’est le cas d’un internaute, une réponse pertinente expliquant que ce n’est pas le sujet sans trop demander d’explications (pour ne pas nourrir un débat inextinguible) peut être une bonne solution. Dans tous les cas, une suppression directe d’un message sera forcément nocive et décuplera la force du troll ! Cela ne veut pas dire non plus qu’il faut tout passer. Vous répondez calmement, à tête reposée, éventuellement en ayant concerté d’autres personnes, pour recadrer le débat et avertir que le hors sujet ne sera plus toléré. Après tout, c’est bien vous qui exposez un espace de discussion, vous devez le gérer sans pour autant avoir l’air autoritaire ou dictateur, ce qui m’arrive trop souvent ![]()
Le troll, c’est pour moi une crise délicate qui faut résoudre comme telle, avec de la patience, de la remise en question et de l’assurance.
Je tiens à spécifier que l’idée de cet article me vient d’un billet de Ronan Boussicaud qui traite du lynchage numérique. Un article que vous pouvez retrouver ici:
Pourquoi participe t’on à un lynchage numérique ?














Bonjour.
Ravi d’avoir participé à cet article de fond sur le troll, la prose est à la hauteur de nos espérances
« Troller, c’est assez marrant » Ba euh disons que ça dépend un peu de la place que t’occupe. Perso j’ai eu une expérience assez fatale sur Facebook avec des vilains trolls qui m’ont fait m’arracher les cheveux… Je n’en pouvais plus